Ferhat Mehenni

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PERSONNALITÉ POLITIQUE
Ferhat Mehenni
Ferhat Mehenni
Portrait de Ferhat Mehenni
Ferhat Mehenni lors d'une intervention publique.
Identité



Naissance
   5 mars 1951
   
Illoula Oumalou, Kabylie


Nationalité
À renseigner selon les sources


Origine
Résidence
France
Fonctions politiques
Président du MAK
   À renseigner– en fonction







Fonction
   Président de l'Anavad
   
Depuis 2010



Affiliation politique


Mouvement


Organisation
Courant politique
Autodétermination, indépendantisme kabyle


Formation et carrière
Formation
Sciences politiques



Profession
Chanteur, auteur-compositeur, militant politique



Publications et œuvres
Activité artistique
Chanson kabyle, chanson engagée
Ouvrages
* Algérie : la question kabyle
  • Le Siècle identitaire
  • Noël en otage


Œuvres
* Chants révolutionnaires de Kabylie
  • Itmurt n Leqbayel


Ferhat Mehenni est un chanteur, auteur-compositeur et militant politique kabyle...


Ferhat Mehenni, également connu sous le nom artistique de Ferhat Imazighen Imula, né le 1 mars 1951 à Illoula Oumalou, en Kabylie, est un chanteur, auteur, compositeur et militant politique kabyle.[1]

Figure du mouvement culturel berbère à partir des années 1970, il devient ensuite l'une des principales personnalités du courant autonomiste puis indépendantiste kabyle. Il est le fondateur du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), créé dans le contexte du Printemps noir de 2001, et préside également le gouvernement provisoire kabyle en exil, généralement appelé Anavad.[2][3]

Le parcours et les positions politiques de Ferhat Mehenni font l'objet de fortes controverses. Depuis 2021, les autorités algériennes classent le MAK parmi les « organisations terroristes », qualification rejetée par le mouvement et son dirigeant.[4]

Biographie

Naissance et formation

Ferhat Mehenni naît le 5 mars 1951 à Illoula Oumalou, dans l'actuelle wilaya de Tizi Ouzou. La Bibliothèque nationale de France le répertorie comme auteur et interprète, écrivant également en kabyle, et le présente comme poète, compositeur et chanteur kabyle.[5]

Il suit des études de sciences politiques à l'Université d'Alger. Son parcours universitaire se déroule à une période où les questions de langue, d'identité amazighe et de pluralisme culturel prennent une place croissante dans les mobilisations intellectuelles et étudiantes kabyles.

Carrière artistique

Ferhat Mehenni se fait connaître dans les années 1970 comme chanteur engagé, notamment sous le nom de Ferhat Imazighen Imula. Ses chansons abordent régulièrement la culture kabyle, la langue amazighe, la liberté, les luttes politiques et l'identité.

La Bibliothèque nationale de France le décrit comme poète, compositeur et chanteur kabyle.[6]

Plusieurs enregistrements attribués à Ferhat Mehenni sont diffusés à partir de la fin des années 1970 et au cours des décennies suivantes. Parmi les titres et albums disponibles dans les catalogues musicaux figurent notamment Chants révolutionnaires de Kabylie, Chants berbères de lutte et d'espoir, Itmurt n leqbayel et Chants d'acier... d'amour et de liberté.[7][8]

Engagement culturel et politique

Mouvement culturel berbère

Ferhat Mehenni participe au mouvement de revendication culturelle amazighe et kabyle. La Bibliothèque nationale de France indique qu'il a notamment dirigé la Coordination nationale du Mouvement culturel berbère ainsi que le Rassemblement national amazigh.[9]

Son engagement s'inscrit dans le prolongement des mobilisations pour la reconnaissance de la langue et de la culture amazighes, particulièrement importantes en Kabylie à partir du Printemps berbère de 1980.

Création du MAK

À la suite du Printemps noir de 2001, Ferhat Mehenni participe à la création du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, devenu par la suite Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK).

Selon Le Monde, le mouvement est créé en juin 2001 dans le contexte des violences du Printemps noir. Il défend d'abord l'autonomie de la Kabylie avant d'évoluer vers l'autodétermination puis l'indépendance.[10]

Ferhat Mehenni devient l'une des principales figures et le président du mouvement.

Anavad

En 2010 est constitué en France un gouvernement provisoire kabyle en exil, appelé Anavad, présidé par Ferhat Mehenni.[11]

Le portail officiel de l'Anavad présente toujours Ferhat Mehenni comme son président.[12]

Évolution vers l'indépendantisme

Le MAK évolue progressivement d'une revendication autonomiste vers une revendication indépendantiste. Selon Le Monde, le mouvement se radicalise politiquement à partir des années 2010 en défendant l'autodétermination puis l'indépendance de la Kabylie.[13]

Ferhat Mehenni présente cette démarche comme une lutte politique pacifique fondée sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Les autorités algériennes et les opposants au mouvement considèrent au contraire le projet indépendantiste comme une atteinte à l'unité territoriale de l'Algérie.[14]

Relations avec les autorités algériennes

Classement du MAK par l'Algérie

Le 18 mai 2021, le Haut Conseil de sécurité algérien décide de classer le MAK et le mouvement Rachad sur la liste algérienne des « organisations terroristes ». La décision est motivée par les autorités par des accusations d'actions visant à déstabiliser le pays et à porter atteinte à sa sécurité.[15]

Le MAK et Ferhat Mehenni rejettent cette qualification et affirment défendre une stratégie politique pacifique.[16]

Dans une encyclopédie, cette qualification doit donc être présentée comme la position officielle de l'État algérien et non comme une caractérisation générale du mouvement.

Exil en France

Ferhat Mehenni vit en France. En 2025, Le Monde indique qu'il bénéficie du statut de réfugié politique et qu'il dirige depuis la France le MAK ainsi que le gouvernement kabyle en exil.[17]

Déclaration du 14 décembre 2025

Le 14 décembre 2025, lors d'une cérémonie organisée à Paris, le MAK annonce symboliquement l'« indépendance de la Kabylie ». Ferhat Mehenni préside la cérémonie et proclame l'indépendance au nom du mouvement devant plusieurs centaines de participants.[18]

Cette proclamation n'emporte pas de reconnaissance internationale de la Kabylie comme État souverain. Elle constitue un acte politique unilatéral du MAK et de ses institutions en exil.

Le Monde souligne par ailleurs que l'audience réelle du MAK en Kabylie et au sein de la diaspora demeure difficile à mesurer et que l'existence d'un sentiment autonomiste en Kabylie ne signifie pas nécessairement une adhésion au projet indépendantiste du mouvement.[19]

Vie personnelle

Ferhat Mehenni est le père d'Ameziane Mehenni. Ce dernier, âgé de 30 ans, est mort après avoir été poignardé à Paris dans la nuit du 18 au 19 juin 2004. La Brigade criminelle de Paris avait lancé un appel à témoins dans le cadre de l'enquête.[20]

Publications

Ferhat Mehenni est également auteur de plusieurs ouvrages consacrés notamment à la Kabylie, à la question identitaire et à son parcours.

Parmi ses publications figurent notamment :

  • Algérie : la question kabyle ;
  • Le Siècle identitaire : la fin des États postcoloniaux ;
  • Noël en otage.

La BnF référence notamment Algérie : la question kabyle parmi les œuvres utilisées pour établir sa notice d'autorité.[21] Le Siècle identitaire et Noël en otage sont également répertoriés dans les catalogues de librairie français.[22]

Discographie sélective

  • Chants révolutionnaires de Kabylie
  • Chants berbères de lutte et d'espoir
  • Itmurt n leqbayel
  • Chants d'acier... d'amour et de liberté

Cette liste est à compléter à partir de catalogues discographiques et de sources bibliographiques fiables.

Positions et réception

Ferhat Mehenni est une personnalité fortement clivante. Ses partisans le présentent comme un défenseur de l'identité kabyle, de la langue amazighe et du droit à l'autodétermination. Ses opposants lui reprochent son projet séparatiste et certaines orientations diplomatiques ou alliances recherchées par le MAK.

L'influence réelle du MAK en Kabylie est difficile à mesurer. En 2025, Le Monde décrit le mouvement comme disposant de relais dans la diaspora et d'une présence militante, tout en soulignant qu'il reste difficile d'évaluer précisément son audience sur le territoire kabyle.[23]

Voir aussi

Références

Liens externes